Points clés :
- Une inondation à Uvira a paralysé les activités du Centre Hospitalier Méthodiste Uni de Nyamianda, endommageant gravement les services de médecine interne et de gynécologie.
- La Direction de l’Hôpital fait état de pertes matérielles considérables, incluant la destruction de lits, de matelas et de stocks pharmaceutiques essentiels par la boue et les eaux.
- L'Évêque Kalema Tambwe Antoine souligne que cette catastrophe dépasse le cadre matériel, touchant l'Église elle-même dans sa mission de service et de défense de la vie.
Le Centre Hospitalier Méthodiste Uni de Nyamianda à Uvira fait face à une urgence sanitaire après avoir été inondé par les eaux provoquées par des pluies diluviennes. Le 5 janvier 2026, des pluies torrentielles se sont abattues sur la ville d'Uvira, provoquant une inondation majeure qui a paralysé la structure médicale.
Située dans la commune de Kalundu, cette structure de santé dessert une population de 18 842 habitants (chiffres 2025). Coincé entre la Route Nationale n° 5 à l'ouest et le lac Tanganyika à l'est, l'hôpital a été victime d'un défaut d'urbanisation majeur.
« L'eau provenait de la route principale, après que le canal d'évacuation ait été bouché par les déchets et la boue », explique le Dr Claude Watukalusu, Médecin Directeur du centre. « C'est la conséquence directe des constructions anarchiques et d'une mauvaise gestion des déchets. Pour prévenir cela à l'avenir, un respect strict de l'urbanisme et un assainissement du milieu sont impératifs. »
Watukalusu a déclaré que la vague de boue a épargné peu de choses. « Presque tous les services ont été touchés par cette calamité naturelle », déplore-t-il.
Comment aider
La toiture de la salle de médecine interne a été partiellement emportée, laissant le plafond à nu. La boue a envahi la salle de gynécologie, la buanderie et les douches, rendant l'hygiène hospitalière extrêmement difficile à maintenir. La clôture de l'hôpital, y compris la section séparant le nouveau bâtiment des douches, a été détruite.
Watukalusu a déclaré que le bilan matériel est très important pour cette structure médicale située à 9 kilomètres de l'Hôpital Général de Référence d'Uvira. « 25 lits d'urgence et 25 matelas sont abîmés, ainsi que leurs literies. Le stock pharmaceutique a subi des pertes importantes, plusieurs molécules étant détruites par l'humidité. La cour intérieure est inondée de boue, bloquant le passage entre les services. »
Face à l'ampleur des dégâts, l’Évêque Kalema Tambwe Antoine, Évêque Méthodiste Uni de la Région Épiscopale du Congo Est, a exprimé sa profonde préoccupation, rappelant que cette catastrophe dépasse le simple cadre matériel.
« Le Centre Hospitalier Nyamianda Méthodiste Uni est une œuvre de l’Église Méthodiste Unie du Congo Est », a déclaré l’Évêque Kalema. « Lorsqu’il est frappé par une inondation, ce n’est pas seulement une structure de santé qui souffre, c’est l’Église elle-même qui est touchée dans sa mission de service, dans son témoignage et dans sa capacité à défendre la vie. »
Il a ajouté un appel à l'unité : « La douleur de cet hôpital est la douleur de toute notre communauté de foi, et c’est ensemble, dans la prière, la solidarité et l’action concrète, que nous devons y répondre. »
Le Coordonnateur Général du département de la santé, Docteur Damas Lushima, s'est rendu compte de l'impact systémique de cette catastrophe. « Lorsque le Centre Hospitalier Nyamianda est fragilisé, c’est un maillon essentiel de notre réseau de santé méthodiste qui se trouve menacé, avec des conséquences immédiates sur l’accès aux soins pour la population de Nyamianda à Uvira, » a déclaré Lushima.
Il a averti que la dégradation des bâtiments, ainsi que la perte de lits, de matelas et de médicaments, « met directement en danger la continuité des soins et augmente les risques de morbidité et de mortalité évitables. »
Dr. Lushima a toutefois relevé un fait marquant ; alors que les anciennes infrastructures ont été inondées, le nouveau bâtiment en étage a résisté à la crue. Pour le Dr Lushima, ce contraste offre une leçon cruciale pour l'avenir. « L’expérience de Nyamianda confirme ce que nous observons dans d’autres hôpitaux : partout où nous investissons dans des infrastructures solides, des systèmes d’eau et d’électricité fiables, des équipements adaptés et du personnel formé, les structures résistent mieux aux chocs et continuent à offrir des soins. »
Les nouveaux bâtiments de la nouvelle clinique sont en cours de reconstruction grâce à des fonds de Global Ministries.
Face à l'indisponibilité des salles d'internement inondées ou endommagées, l'administration a dû prendre des mesures d'urgence. Neuf patients, dont les bulletins de santé étaient jugés satisfaisants, ont vu leurs dossiers clôturés et ont été libérés prématurément.
Cependant, une situation inattendue s'est produite avec les cas plus sérieux. Alors que l'hôpital proposait de les transférer vers d'autres structures de santé, la majorité a refusé.
« Les autres patients ont refusé le transfert car, selon eux, la qualité des soins que nous leur donnons ici ne nécessite pas de partir ailleurs, malgré les dégâts », rapporte le Dr Watukalusu.
S'abonner à notre bulletin d'information électronique (en anglais)
Cette loyauté envers l'institution méthodiste s'est aussi manifestée par une solidarité active. Les garde-malades (accompagnateurs des patients) se sont joints au personnel, travaillant « d'arrache-pied et sans désemparer » pour déboucher les canalisations et évacuer la boue, tentant de sauver leur hôpital.
Malgré cet élan de solidarité, la bonne volonté ne suffit pas. Le Dr Watukalusu lance un cri d'alarme : « Nous éprouvons d'énormes difficultés pour prendre en charge les malades par insuffisance de matériels et équipements. Les bâtiments touchés nécessitent une réhabilitation profonde. »
L'hôpital appelle les partenaires et les personnes de bonne volonté à l'aide pour remplacer les équipements perdus et réparer les infrastructures.
Pour l'Évêque Kalema, au-delà de l'urgence matérielle, c'est un moment de vérité et d'unité pour la connexion méthodiste :
« Quand un de nos hôpitaux est affecté, c’est toute l’Église qui ressent la douleur. », a déclaré l’évêque Kalema. « Mais à Nyamianda, au milieu des ruines et de la boue, je vois déjà se lever les pierres d’une espérance nouvelle » poursuit-il. « Chaque partenaire, chaque fidèle, chaque geste de solidarité deviendra une brique pour rebâtir un lieu où la vie est défendue et la dignité restaurée. »
Londe est correspondant de UM News au Congo.
Contact pour les médias : Julie Dwyer à newsdesk@umnews.org. Pour en savoir plus sur l'actualité méthodiste unie, abonnez-vous gratuitement aux résumés UM News.