La Radio Voix de l’Espérance rend hommage aux ouvriers de la première heure


Servir le Seigneur par les ondes, elle en a fait un véritable sacerdoce. Pas étonnant, que Madame Kouassi Mahé Thérèse soit l’une des premières animatrices en langue vernaculaire de La Voix de l’Espérance, la radio de l’Eglise Méthodiste Unie-Côte d’Ivoire. Elle avait le profil de l’emploi. Madame Kouassi Mahé Thérèse maîtrisait à la perfection la langue Agni (Peuple du Sud-Est de la Côte d’Ivoire). Ce talent que lui avait fait le Seigneur, elle avait pour unique ambition de le faire fructifier sans cesse. « La radio est comme une drogue. Quand tu commences, tu ne peux pas l’arrêter », se plaisait-elle à le répéter. La Voix de l’Espérance était donc un don du ciel, un canal inespéré pour qu’elle puisse porter la bonne nouvelle à son peuple. Et cette mission, elle l’a accomplie avec amour, zèle et foi jusqu’au soir de sa vie le 31 décembre 2018. Même la douleur n’a pas eu raison de sa détermination à servir le Seigneur et son prochain. Malgré ses douleurs aux genoux, elle restait fidèle au poste, obligeant sa fille à l’accompagner. « Si je ne vais pas, qui va partir ? », s’inquiétait cette femme de devoir. 

Même au plus fort de la maladie, ne pouvant plus se rendre à la radio, elle a tenu à ce que La Voix de l’Espérance vienne à elle. « Je me souviens du 25 décembre 2018. Dans sa chambre d’hospitalisation, elle a insisté pour avoir une radio. Elle m’a dit ‘Marcelle, trouve-moi une radio pour écouter La Voix de l’Espérance.’ ‘Maman, aujourd’hui est jour férié, et tous les magasins sont fermés » ai-je dit. « Peu m’importe la forme mais je veux une radio. Débrouille-toi. » Dès mon retour, maman a poussé un ouf de soulagement : « enfin, je retrouve ma fille. », rapporte Mme Marcelle Ekou, l’ainée de ses enfants. En parlant de sa « fille », faisait-elle allusion à Marcelle, sa fille biologique ou à La Voix de l’Espérance, une fille qu’elle a aidée à porter sur les fonts baptismaux.
 
La radio faisait partie intégrante de sa vie. « En baptisant ce studio de son nom, c’est une manière de lui redonner vie, » reconnait Marcelle.

« Thérèse est l’une des premières laïcs à demander à avoir une émission. Elle a suscité des vocations puisque d’autres femmes et hommes ont pris la relève pour poursuivre l’œuvre, » a expliqué Mme Lydie Acquah, directrice de La Voix de l’Espérance.

Oui Kouassi Mahé Thérèse, n’est pas morte. Par la magie des ondes, elle continue d’être cette voix qui s’adresse au peuple Agni. Le témoignage de Mme Emma Kossonou, une autre de ses filles est éloquent. « Entendre sa voix dans le générique de l’émission en Agni, c’est beaucoup d’émotion. A son décès, j’avais du mal à écouter la radio. Je me disais que maman était morte et que cela était suffisant. La radio devait changer le générique », confie-t-elle. Aujourd’hui, les pleurs semblent même se transformer en joie. « J’ai commencé à écouter son émission juste pour accepter sa voix. Désormais, Je capte la radio juste pour écouter sa voix », explique-t-elle. Le Seigneur a fini par accomplir son œuvre de consolation dans les cœurs.

Kouassi Mahé Thèrèse aura été une pionnière dans l’histoire de la radio. Si sa contribution se limite à La Voix de l’Espérance, celle d’Albert Dago dont le studio de production porte le nom remonte aux premières émissions radiophoniques de l’Eglise dans les années 1970 sur les antennes de la radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) nationale. « Albert fut le premier laïc à s’engager dans la communication de l’Eglise à la fois à la télévision et à la radio, » soutient Acquah qui retient de lui sa ténacité et son esprit de sacrifice.

Et si ces personnes ont rejoint la nuée de témoins, d’autres bénévoles pasteurs et laïcs poursuivent leurs œuvres.

Le dimanche 15 mars 2020 était le jour choisi par la radio pour exprimer publiquement sa reconnaissance aux animateurs des émissions en langues nationales. Ils étaient le centre d’attraction de l’évènement : certains croulant sous le poids de l’âge, d’autres se faisant remplacer par leurs enfants. Plus de 50 animateurs endimanchés ont reçu des diplômes de félicitation des mains de l’Evêque Benjamin Boni de la Région épiscopale de Côte d’Ivoire. Ces animateurs bénévoles ont honoré leurs engagements d’être présents à la station une fois par semaine (du lundi au Samedi) pendant 10 années. En plus du Français et l’Anglais, la radio propose un résumé de ses enseignements et de l’actualité en 19 langues ivoiriennes et de la sous-région.
Plus de 50 animateurs en langues vernaculaires ont été récompensés le dimanche 15 mars 2020 pendant le culte de clôture des festivités marquant les 10 années d’existence de La Voix de l’Espérance. En plus du Français et de l’Anglais, la radio propose des émissions en 19 langues ivoiriennes et de la sous-région. Photo de Isaac Broune, UM News.
Plus de 50 animateurs en langues vernaculaires ont été récompensés le dimanche 15 mars 2020 pendant le culte de clôture des festivités marquant les 10 années d’existence de La Voix de l’Espérance. En plus du Français et de l’Anglais, la radio propose des émissions en 19 langues ivoiriennes et de la sous-région. Photo de Isaac Broune, UM News.
« Le feedback sur notre temps d’antenne est très positif. Notre plus grande satisfaction vient du fait que cette émission est suivie par les non-chrétiens. Nombreux sont ceux d’entre eux qui nous appellent pour prendre conseil. » affirme M. Mathieu Drabo, l’un des cinq animateurs en langue Bambara. L’un de ses plus beaux souvenirs reste celui d’un homme qui après une émission a insisté pour le rencontrer. Cet homme qui était de passage à Abidjan s’apprêtait à retourner au Mali a été touché par l’évangile. Drabo lui a offert une Bible avant son départ afin de l’aider à progresser dans sa marche chrétienne. Il a aussi salué son employeur qui pendant ces dix années lui a accordé la permission d’animer son temps d’antenne. Drabo reconnait que leur émission a contribué à accroitre l’effectif  de la communauté bambara. « Et c’est sûr qu’au fur et à mesure que la radio va s’étendre en Côte d’Ivoire, nous gagnerons aussi des âmes, » dit-il.

D’autres personnes dont les pionniers et les donateurs anonymes au nombre desquels des non-Méthodistes ont aussi reçu des diplômes de reconnaissance. « Aujourd’hui, nous ne sommes plus la radio des Méthodistes. Nos auditeurs et certains des plus gros donateurs se retrouvent dans toutes les obédiences confessionnelles, » a reconnu Acquah.

Broune est le directeur des rédactions francophones pour UM News. Il est basé à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Hervé Koutouan, journaliste indépendant a contribué à cette histoire.

Contact media : newsdesk@umcom.org.
Les Agences Générales
De gauche à droite, Pacome Nguessan, Matt Crum, Priscilla Muzerengwa, Jennifer Rodia, Ashley Gish, l'évêque de la région du Nord Katanga Mande Muyombo, Poonam Patodia et Chilima Karima célèbrent ensemble la fin de la formation sur la régionalisation. Tous les participants, sauf l'évêque, travaillent pour United Methodist Communications. Photo avec l'aimable autorisation de United Methodist Communications.

La formation montre l'importance de la communication

Les méthodistes unis africains qui ont participé à des sessions de formation sur la communication et la régionalisation ont expliqué comment cela les aiderait à annoncer la bonne nouvelle de la dénomination.
Théologie
Des communicateurs méthodistes unis sourient lors d'une formation organisée par United Methodist Communications à Dar Es Salaam, en Tanzanie. Des communicateurs de tout le continent africain ont participé à la mi-octobre à des sessions de formation consécutives sur la communication et la régionalisation. Photo avec l'aimable autorisation de United Methodist Communications.

Démystifier la désinformation sur la régionalisation

Des méthodistes unis de toute l'Afrique se sont réunis pour suivre une formation sur la communication et la régionalisation. Nombre d'entre eux ont été confrontés à la désinformation concernant la proposition et l'Église en général.
Témoignages
Des passagers portent des gilets de sauvetage sur un bateau sur le lac Kivu, dans l'Est du Congo. Les gilets de sauvetage sont désormais obligatoires pour les passagers d'un bateau après le naufrage du 3 octobre sur le lac qui a tué 34 personnes, dont une mère méthodiste unie et son bébé de 9 mois. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UM News.

Des méthodistes unis tués dans un naufrage au Congo

Pascaline Mulindwa, membre de l'église, et son bébé font partie des victimes du naufrage d'un ferry sur le lac Kivu, dans l'Est du Congo déchiré par la guerre.

United Methodist Communications is an agency of The United Methodist Church

©2024 United Methodist Communications. All Rights Reserved