Maxime Mbayo restera dans les mémoires comme pionnier de la traduction de la Bible au Congo

Points clés

  • Le révérend Mbayo Mwepu Mujinga Maxime, traducteur de la Bible et directeur de l'évangélisation, est décédé le 3 janvier à l'âge de 70 ans.
  • Il a été l'un des piliers de la traduction de la Bible en Kiluba (Dibuku Dijila), un travail de plus de cinq ans.
  • L'évêque Mande Muyombo l'a salué comme un « évangéliste passionné » ayant servi l'Église contre vents et marées.

Le révérend Mbayo Mwepu Mujinga Maxime, figure emblématique de la Conférence annuelle du Nord-Katanga et l'un des rares érudits à avoir traduit les Saintes Écritures dans la langue maternelle de sa région, est décédé le 3 janvier 2026. Il était âgé de 70 ans, à seulement deux ans de sa retraite pastorale.

Père de neuf enfants et grand-père de vingt petits-enfants, le pasteur Mbayo est décrit par ses pairs comme un serviteur humble, loyal et profondément attaché à la mission holistique de l’Église Méthodiste Unie.

« Le révérend Maxime Mbayo était un évangéliste passionné et dévoué », a déclaré l'évêque Mande Muyombo, qui supervise la région épiscopale du Nord-Katanga et de la Tanzanie. « Il a initié le programme Bible and Bike (Bible et Moto) avec la révérende Lindsey Kilpatrick de la Conférence de Texas. À la demande de l'évêque Ntambo Nkulu Ntanda, il a rejoint un groupe œcuménique qui a travaillé sur la traduction de la Bible en Kiluba pendant plus de cinq ans. »

Né le 28 mars 1955 à Songa Mission, à 80 km de Kamina, dans la province du Haut-Lomami, Maxime Mbayo a gravi les échelons académiques jusqu'à l'obtention d'un Master en leadership et en théologie de l'Ancien Testament. Ses compétences linguistiques en hébreu, grec, français et anglais ont fait de lui un candidat idéal pour la traductologie. La directrice de communication, Révérende Dr Betty Kazadi, souligne que cet ouvrage, bien que traduit à Kamina, a un impact à plus de 600 km de là.

« La Bible en Kiluba (Dibuku Dijila) est celle utilisée dans tout l'espace Baluba du Katanga », explique Dr Kazadi. « Elle est vendue à Lubumbashi pour les familles qui souhaitent la lire à la maison. » Cet impact dépasse les frontières méthodistes : les églises Pentecôtistes, Adventistes et les Églises des Frères (Garengaze) utilisent toutes la traduction du révérend Mbayo pour leur liturgie.

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Son collègue de longue date, le révérend Kasongo Mutombo Mukonkele, se souvient de leur collaboration : « Pasteur Mbayo nous a laissé un souvenir qu'on ne pourra effacer : l'empathie, le sens du partage et, au-delà de tout, la Bible en Kiluba — Dibuku Dijila. C'est un héritage difficile à effacer. »

Cette Bible, vendue aujourd'hui pour 20 dollars, est devenue un outil spirituel indispensable dans toutes les régions parlant le Kiluba, ancrant la foi méthodiste dans la culture locale.

En tant que directeur de l'évangélisation, le pasteur Mbayo ne craignait pas les difficultés du terrain. Le Révérend Nyembo Kinkundulu, un ami de longue date de Mbayo, se souvient que qu'il soit à pied, à moto, en véhicule ou même en avion, son objectif restait le même : propager l'Évangile. « Lorsqu’il fut désigné comme directeur d’évangélisation, il a fait les pieds, il a utilisé la moto, le véhicule, l’avion pour faire le travail de Dieu. »

Le révérend Irung Dib Emmanuel, coordinateur des projets spéciaux, témoigne de cette résilience : « Il était humble, prêt à descendre sur le terrain avec le minimum de moyens. »

Cette force de caractère a été particulièrement visible lors des récentes transitions de l'Église vers la régionalisation. Malgré les critiques sur les réseaux sociaux, le pasteur Mbayo est resté ferme, parcourant les villages à moto pour former les fidèles, accompagné de son ami, le révérend Nyembo Kinkundulu. Il enseignait sans relâche sur les principes sociaux, notamment sur la question du genre et de l'inclusion.

Il prônait un caractère inclusif où « tout le monde est utile », insistant sur le fait que les enfants et les personnes handicapées doivent avoir leur place dans la célébration du culte.

L'évêque émérite Ntambo Nkulu Ntanda, a salué la loyauté sans faille de Mbayo. « Il était loyal à son Église et aux autorités de l'Église Méthodiste Unie, surtout en cas de besoin. Il était prêt à servir. » L'évêque a ajouté que Mbayo était surnommé "l'Aumônier du Nord à Lubumbashi" pour son dévouement constant lors des visites aux malades et des enterrements.

Kinkundulu a déclaré qu’il était « très amical, social et ami des enfants. »

« Il aimait beaucoup la musique » explique Kinkundulu. « Le Pasteur Mbayo Mwepu aimait acheter les instruments musicaux qu’il utilisait comme outil d’évangélisation, chez les enfants et les adultes. »

Le culte mémorial a eu lieu au Centenaire Mémorial à Lubumbashi, dans la Région Épiscopale du Sud-Congo. Dans l'unité, des pasteurs du Sud-Congo et du Nord-Katanga ont concélébré le service funèbre devant des amis et de connaissances qui remplissaient l'église et ses abords.

Le pasteur Mbayo aimait passionnément la musique. Pour l'honorer, ses anciens compagnons de chant de Kamina, vivant aujourd'hui à Lubumbashi, ont formé une chorale spéciale en son honneur, remplissant le sanctuaire de mélodies.

Le révérend Kyungu wa Ngoy Bertin a conclu en comparant la vie du révérend Maxim Mbayo à celle de l'apôtre Paul.

« Tout comme l'apôtre Paul, le pasteur Mbayo a connu des épreuves physiques et spirituelles. Malgré les difficultés et les critiques sur les médias sociaux, notamment durant la période de transition vers la régionalisation de l'Église, il a tenu bon, allant de village en village sur sa moto pour servir Dieu. », a déclaré le Rév. Kyungu wa Ngoy Bertin. « La mort pour le pasteur Mbayo est un pont d'union profonde avec Jésus-Christ ».

Ses enfants et petits-enfants, dans un mot d'adieu émouvant, ont rappelé les valeurs qu'il leur a transmises : l'unité, la paix et l'amour des fleurs. Ils ont cité Victor Hugo pour illustrer la capacité de pardon du révérend Maxim Mbayo. « Le pardon est un acte d'amour, la plus belle fleur de la victoire. », a déclaré Ngoy Mwepu Blessings, sa petite fille.

Le révérend Mulongo Ndala, représentant légal suppléant de l’Évêque Mande Muyombo dans quelle Conférence Annuelle de Upemba, a exprimé la douleur de la conférence en comparant cette perte à « une dent arrachée de force ».

Le pasteur Mbayo laisse dans le deuil son épouse, Ngoy Mwepu Mujinga Marie, et ses neuf enfants : Ginette, Packy, Michée, Benette, Isaac, Glody, Adin, Sam et Chris. 

« A travers son travail, il a laissé un souvenir difficile à effacer » a déclaré Kasongo Mutombo Mukonkele

Yamba Kisonga est Communicateur de la Conférence Annuelle du Nord Katanga. La Révérende Dr Betty Kazadi, Directrice de Communication de la Région Épiscopale du Nord Katanga et Tanzanie a contribué à cet article.

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