L'église forme des jeunes pour promouvoir la paix au Congo Est

Des leaders de jeunes méthodistes unis brandissent leur déclaration commune à l'issue d'un atelier de formation à Uvira, dans l'Est de la République démocratique du Congo. Plus de 30 participants se sont engagés à combattre la délinquance juvénile et à promouvoir la cohésion sociale dans une région marquée par des décennies de conflits armés. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UMNS.
Des leaders de jeunes méthodistes unis brandissent leur déclaration commune à l'issue d'un atelier de formation à Uvira, dans l'Est de la République démocratique du Congo. Plus de 30 participants se sont engagés à combattre la délinquance juvénile et à promouvoir la cohésion sociale dans une région marquée par des décennies de conflits armés. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UMNS.

Points clés :

  • Plus de 30 leaders de jeunes ont été formés à Uvira pour combattre la délinquance juvénile.
  • Face à un taux de délinquance alarmant de 75 % au Sud-Kivu, les responsables ecclésiastiques dénoncent un engrenage de pauvreté, de déscolarisation et d'exploitation des mineurs qui menace la cohésion communautaire.
  • L’Evêque Antoine Kalema Tambwe appelle le gouvernement de la RDC et les partenaires de l'Église à restaurer la paix durable et l'accès à l'éducation, tout en renforçant le soutien psychosocial aux familles vulnérables.

Alors que l’Est de la République démocratique du Congo continue de panser les plaies causées par la guerre en cours dans la région et des décennies de conflits armés et d’agressions, l’Eglise Méthodiste Unie travaille pour la promotion et le rétablissement de la paix.

À Uvira, plus de 30 leaders de jeunes ont récemment bénéficié d’une formation intensive axée sur la lutte contre la délinquance juvénile. Cette initiative, soutenue par le Conseil Général Église et Société (General Board of Church and Society), vise à freiner la montée des antivaleurs dans une région où l'insécurité et la précarité poussent de nombreux mineurs vers la marginalité.

La situation sécuritaire à Uvira demeure fragile, marquée par des violences persistantes et des tueries nocturnes. La ville porte encore les stigmates de l'occupation par les rebelles du M23, dont la présence avait paralysé l'administration locale et les structures éducatives avant leur retrait.

Bien que les lignes de front se soient déplacées, le vide sécuritaire laissé par les vagues d'occupations successives a permis l'émergence de poches de résistance et de banditisme urbain.

Pour les leaders méthodistes unis, la délinquance actuelle n'est pas un phénomène isolé, mais une métastase de cette guerre d'agression qui a déraciné les familles et transformé la survie en un combat quotidien pour des milliers d'enfants.

Pour le révérend Dumas Balegamire, surintendant du district de Tanganyika et initiateur du programme, la stabilité de la région passe impérativement par l'encadrement des jeunes.

« Pour bâtir une société saine, nous devons combattre les antivaleurs l'une après l'autre », a déclaré le révérend Dumas Balegamire. « Ce n'est qu'un premier pas. Nous comptons atteindre d'autres districts, car la délinquance juvénile alimente souvent l'insécurité locale. »

Le défi qui attend ces jeunes leaders est colossal, alors que le tissu social du Sud-Kivu se déchire sous la pression d'une crise humanitaire sans précédent. Selon les derniers rapports de la Division des Affaires Sociales du Sud-Kivu, la délinquance juvénile a atteint un seuil critique, touchant désormais 75 % de la population jeune de la région.

Un groupe de jeunes leaders méthodistes unis échange ses idées lors d'une session de réflexion stratégique à Uvira, en République démocratique du Congo. Cette concertation visait à définir des mécanismes concrets pour freiner la délinquance juvénile, qui touche désormais 75 % des jeunes de la province du Sud-Kivu. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UMNS.
Un groupe de jeunes leaders méthodistes unis échange ses idées lors d'une session de réflexion stratégique à Uvira, en République démocratique du Congo. Cette concertation visait à définir des mécanismes concrets pour freiner la délinquance juvénile, qui touche désormais 75 % des jeunes de la province du Sud-Kivu. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UMNS.

Lors de son intervention, le révérend Clément Kingombe Lutala n'a pas mâché ses mots pour décrire l'engrenage qui piège la jeunesse congolaise. Il a exposé les racines profondes de ce fléau, exacerbées par l'instabilité chronique. « Cette situation est due à la pauvreté et précarité socio-économique, manque d’emploi, la déscolarisation, l’influence de la rue, l’alcool, la drogue, les conflits armés, faiblesse des politiques publiques et l’exploitation économique des enfants » a déclaré le Révérend Clement Kingombe.

Sébastien Kasongo, leader des jeunes méthodistes unis à Uvira, estime que cette formation tombe à point nommé. « Si nous voulons un développement harmonieux, nous devons faire face à cette délinquance qui brise la cohésion sociale. Je m’engage personnellement à sensibiliser mes pairs », a-t-il affirmé.

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Mwamini Dorote, une jeune participante, partage cet enthousiasme. Elle prévoit déjà de restituer les acquis de ces deux jours de formation auprès des cellules de base de l'église. « C’est un privilège de faire partie de cette équipe de changement », confie-t-elle. « Cette équipe va commencer à lutter contre ces antivaleurs qui ne favorisent pas un bon développement et la bonne cohésion sociale dans nos milieux de vie respectifs »

À l'issue des travaux, les participants ont publié une déclaration commune, dans laquelle, ils s’engagent à unir leurs efforts pour le développement intégral de la communauté.

L’Evêque Méthodiste Uni Antoine Kalema Tambwe, de la Région Épiscopale du Congo Est, a apporté son soutien spirituel et stratégique à cette démarche. Tout en encourageant les jeunes à rejeter la délinquance, il a lancé un appel pressant aux instances internationales et nationales.

« J'encourage les jeunes du Kivu à lutter avec détermination. Je demande à l’Église et Société de continuer à nous appuyer dans le renforcement des structures familiales et la prise en charge psychosociale », a déclaré l’Evêque Kalema. « Enfin, j'exorte le gouvernement de la RDC à garantir l'accès à l'éducation et à restaurer une paix durable dans la partie orientale du pays. »

Kituka Lolonga est Communicateur de la Conférence Annuelle du Kivu

Contact pour les médias : Julie Dwyer, rédactrice en chef, newdesk@umnews.org. Pour en savoir plus sur l'actualité de l'Église Méthodiste Unie, abonnez-vous gratuitement aux résumés de UM News.

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