En ces temps troublés, tournez-vous vers la « loi supérieure »


Points clés :

  • Le révérend Gilbert Haven, Pasteur Méthodiste, croyait que lorsque nous nous ouvrons à Dieu et voyons les choses d'un point de vue divin, nous pouvons agir avec des motivations plus pures.
  • La loi supérieure de Haven nous invite à une compréhension plus profonde de Dieu, de nous-mêmes et des autres, et elle offre un moyen de répondre à la fracture que nous observons aujourd'hui, écrit le révérend Dr Christopher P. Momany.
  • Allons-nous répondre aux distorsions du pouvoir public en haïssant ceux qui sont à blâmer, ou allons-nous nous engager avec audace dans une compréhension de la loi et de l'amour qui affirme la valeur de tous ?

The Rev. Christopher P. Momany. Photo by Kristen Schell. 
Le Révérend Dr Christopher P. Momany
Photo prise par Kristen Schell.

Commentaires

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En 1850, le président américain Millard Fillmore a signé une loi qui est depuis connue sous le nom de « loi sur les esclaves fugitifs ». Cette loi civile a renforcé les interdictions d'aider les personnes qui empruntaient le chemin de fer clandestin et exigeait que tous les Américains soutiennent le retour des personnes qui s'étaient émancipées.

Le péché de l'esclavage a ainsi reçu un soutien explicite à l'échelle nationale.

Un grand mouvement s'est levé pour résister à cette loi injuste, qui était en réalité un code humain violant la dignité donnée par Dieu. Beaucoup de ceux qui se sont révoltés considéraient qu'ils suivaient une « loi supérieure », une loi qui reflétait l'intention de Dieu pour l'humanité. L'un des défenseurs de cette loi supérieure était un pasteur méthodiste et enseignant nommé Gilbert Haven.

Haven est né en 1821 et a grandi dans la banlieue de Boston. Les traditions régionales de courage patriotique ont enflammé son imagination, et la défense de la liberté était pour lui une cause sacrée.

Haven était également un homme infatigable, connu pour ses cheveux roux flamboyants et sa détermination à agir. Après avoir fréquenté l'université Wesleyan dans le Connecticut, il a travaillé comme enseignant, puis comme directeur d'une petite académie à Amenia, dans l'État de New York, avant de devenir Evêque Méthodiste. À Amenia, il a écrit et prêché un sermon qui a défini toute sa vocation. Le document portait le titre simple de « La loi supérieure ».

Haven ne s'est pas contenté d'affirmer ses convictions politiques et de prétendre qu'elles venaient de Dieu. Il a analysé la nature humaine elle-même pour discerner le dessein de Dieu pour une véritable communauté. Il a utilisé une description populaire de la nature humaine connue sous le nom de « psychologie des facultés ».

Cette école de pensée postulait que les êtres humains sont composés d'intellect, de sensibilité et de volonté. L'intellect perçoit et traite la réalité. La sensibilité réagit à la perception et à l'expérience par le biais des sentiments. Et la volonté initie une action délibérée, compte tenu de la perception et de la réaction.

Haven a associé l'idée d'une loi supérieure à la psychologie des facultés et l'a appelée « la loi supérieure de notre nature ». Il pensait que les gens souffraient d'une désorientation pathologique des trois facultés. On pourrait appeler cela le résidu du péché. Un intellect obscurci alimente souvent les réactions d'une sensibilité égoïste. Les pulsions destructrices de la sensibilité peuvent alors dominer la volonté.

Haven affirmait que lorsque nous nous ouvrons à Dieu et que nous voyons les choses (plus ou moins) d'un point de vue divin, nos sensibilités peuvent être correctement ordonnées et nous pouvons agir avec des motivations plus pures.

Il décrivait les lois injustes comme des affirmations de pouvoir brut, alimentées par des facultés mentales malades. La loi divine de justice de Dieu est supérieure, meilleure, plus noble. La loi supérieure élève la dignité personnelle et sociale.

Les récentes violences perpétrées par l'État américain, les mensonges des responsables gouvernementaux et la propagande de certains empires médiatiques nous ont ramenés en 1850. Allons-nous accepter et subir la corruption même de l'idée de « loi », ou allons-nous choisir une voie plus élevée ? Allons-nous réagir en haïssant ceux qui perpétuent cette distorsion abusive du pouvoir public, ou allons-nous nous engager avec audace dans une compréhension de la loi et de l'amour qui élève et affirme la valeur de chacun et de tous ?

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Notre liturgie baptismale Méthodiste Unie est souvent invoquée ces jours-ci : « Acceptez-vous la liberté et le pouvoir que Dieu vous donne pour résister au mal, à l'injustice et à l'oppression sous toutes leurs formes ? » La liturgie offre une motivation substantielle pour la résistance, mais nous devons également articuler une justification théologique (et même philosophique) de l'importance de la dignité humaine. C'était le sujet d'un essai que j'ai écrit en janvier 2025, et je maintiens cet argument aujourd'hui.

La notion d'une loi supérieure ne doit pas être détournée pour légitimer une désobéissance arbitraire. Elle nous invite plutôt à une compréhension plus profonde de Dieu, de nous-mêmes et des autres. C'est vraiment une meilleure voie, qui doit être promue par une non-violence réfléchie. Les membres de la grande famille Méthodiste à travers le monde ont un riche héritage de résistance réfléchie, qui relève davantage de la fidélité à Dieu que de la protestation.

J'aime la façon dont l'un des collègues plus âgés de Gilbert Haven l'a formulé. Asa Mahan était un philosophe wesleyen et président d'université qui a écrit : « Obéir à toute loi qui interdit ce que Dieu commande, ou commande ce qu'Il interdit, est une trahison envers Dieu. »

Notre fidélité même dépend de notre capacité à bien faire les choses, et les autres ont besoin que nous agissions avec amour et justice.

Momany est historien et écrivain, et exerce les fonctions de pasteur à la First United Methodist Church de Dowagiac, dans le Michigan. Ses derniers ouvrages sont : « Compelling Lives: Five Methodist Abolitionists and the Ideas That Inspired Them » (Cascade, 2023) et « Awakening to Justice: Faithful Voices from the Abolitionist Past » (InterVarsity, 2024), écrit en collaboration.

Contact pour les médias : Julie Dwyer, rédactrice en chef, newdesk@umnews.org. Pour en savoir plus sur l'actualité de l'Église méthodiste unie, abonnez-vous gratuitement aux résumés de UM News.

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