Les Méthodistes Unis restent en contact malgré le conflit congolais

Points clés :

  • Les églises étant fermées en raison de l'insécurité qui règne dans la région, les pasteurs de l'Est du Congo adaptent leurs pratiques en utilisant les réseaux sociaux et WhatsApp pour poursuivre l'évangélisation.
  • Les responsables de l'Église envoient des messages de soutien pour aider les fidèles à traverser cette période difficile.
  • L'Évêque Gabriel Yemba Unda appelle à la prudence et recommande de limiter les déplacements pour éviter tout danger.

Les Églises Méthodistes Unies de l'Est du Congo sont obligées d'adapter leurs pratiques face à l'insécurité croissante.

L'escalade de la violence à Goma a fait plus de 4 000 morts, dont huit Méthodistes Unis, et des milliers de personnes déplacées à l'intérieur du pays. Les répercussions se font sentir jusqu'à Bukavu, qui a été reprise par les rebelles du Mouvement du 23 mars – ou M23 – soutenus par le Rwanda à la mi-février.

Face à l'insécurité croissante, les églises locales se sont adaptées pour continuer à soutenir leurs fidèles. Des pasteurs comme Joseph Toto Safari, de l'Église Méthodiste Unie de Penuel à Panzi, et Badeux Muunga, de l'Église Méthodiste Unie d'Ibanda, ont opté pour l'évangélisation en ligne, en utilisant les réseaux sociaux et les groupes de diffusion WhatsApp pour partager la parole de Dieu et prier avec leurs communautés.

Outre l'évangélisation en ligne, les responsables religieux envoient régulièrement des messages de soutien et d'encouragement pour aider les fidèles à traverser cette période difficile.

L'Évêque Gabriel Yemba Unda, qui dirige la Région Épiscopale du Congo Est, a appelé les Méthodistes Unis à la prudence. Il a exhorté les fidèles à limiter leurs déplacements et à rester chez eux autant que possible pour éviter d'être pris entre deux feux.

"Nous venons de passer plus de quatre dimanches sans pouvoir nous réunir pour prier en communauté à cause de la violence entre le mouvement M23 soutenu par le Rwanda et l'armée de la République démocratique du Congo", a déclaré Pasteur Safari.

Suivant les directives de l'Évêque, il a décidé de partager la parole de Dieu sur les réseaux sociaux pour assurer la sécurité de sa congrégation.

"Nous ne pouvons pas exposer les fidèles pendant cette période en nous rendant dans les lieux de culte. Je suis convaincu qu'il y aura une paix durable", a-t-il déclaré.

Jimmy Kasongo (à gauche), président de Jeunesse Pour Christ du Kivu, et Moise Mwango, coordinateur du groupe, se réunissent pour envoyer un message aux jeunes afin qu'ils reportent la célébration de la Journée de la Jeunesse du Kivu en raison de l'insécurité qui règne actuellement dans la région. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UM News.
Jimmy Kasongo (à gauche), président de Jeunesse Pour Christ du Kivu, et Moise Mwango, coordinateur du groupe, se réunissent pour envoyer un message aux jeunes afin qu'ils reportent la célébration de la Journée de la Jeunesse du Kivu en raison de l'insécurité qui règne actuellement dans la région. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UM News.

Pasteur Muunga a également trouvé des alternatives au culte en personne en créant un groupe WhatsApp pour continuer à partager la parole de Dieu et à prier avec ses disciples.

"Nous avons des activités de prière et d'évangélisation, mais il est difficile de rassembler les fidèles à cause de l'insécurité." Nous allons continuer ainsi jusqu'à ce que le calme règne dans notre région.

Le révérend Valentin Omande, évangéliste du district de Goma, a adopté la même approche après que le conflit l'a contraint à annuler une campagne d'évangélisation en présentiel.

"Nous avions prévu d'organiser une campagne d'évangélisation en plein air dans le territoire de Nyirangongo du 25 au 28 janvier, mais l'attaque et la prise de Goma nous ont empêchés de le faire", a-t-il déclaré. "Pour l'instant, je m'organise avec certains de mes fidèles pour partager la parole de Dieu avec eux via les réseaux sociaux."

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Josée Ndaukila, Méthodiste Unie à l'église locale d'Ibanda, est ravie de recevoir les messages par téléphone. "Je n'ai pas le choix, je ne peux pas m'exposer en allant aux différents programmes de l'église pendant la semaine", dit-elle. "C'est pourquoi je salue l'initiative de mon pasteur, qui m'envoie les sermons et prie parfois pour moi".

Masudi Kansilembo est choriste à l'Église Méthodiste Unie de Kadutu. Il regrette que la violence et la guerre l'obligent à rester chez lui.

"J'ai l'habitude de chanter et de danser pour la gloire de Jésus-Christ", a déclaré M. Kansilembo. "Cette situation m'empêche d'aller à l'église, mais au moins je reçois le message de Dieu par l'intermédiaire de mon téléphone, ce qui me réconforte parfois."

Aliance Bahizire, trésorière de l'église locale de Penuel à Panzi, s'inquiète des conséquences du conflit.

"Plusieurs de nos églises membres ont été pillées ou détruites pendant les combats. Leurs trésoreries ont été vidées et elles ont perdu tous leurs biens", a déclaré M. Bahizire. "Il leur est très difficile de se remettre sur pied et de reprendre leurs activités".

Toutefois, elle se dit reconnaissante des liens qui existent lorsque les gens ne peuvent pas assister aux offices du dimanche en personne.

"Je remercie notre évangéliste qui a mis en place un groupe de diffusion et je reçois le message de Dieu tous les jours", a-t-elle déclaré

Pendant ce temps, l'offensive des rebelles du M23 se poursuit dans les territoires d'Uvira et de Fizi, où l'Église Méthodiste Unie a deux districts. Le révérend Rigobert Mtaka, surintendant du district de Fizi, a déclaré qu'il craignait le pire, étant donné qu'il s'agit de zones de conflit et que la violence pourrait causer d'autres dommages dans la région.

Cette situation a contraint Jeunesse Pour Christ à reporter la célébration de la Journée de la Jeunesse du Kivu.

Moïse Mwangu, coordinateur du groupe à la Conférence du Kivu, a demandé à tous les jeunes de rester chez eux et d'attendre le retour de la paix.

"Nous célébrerons la Journée de la jeunesse du Kivu à une date ultérieure", a-t-il déclaré

Face à cette crise, les églises du Congo et des environs continuent de prôner la paix et la réconciliation, tout en adoptant de nouvelles méthodes d'évangélisation pour répondre aux besoins spirituels de leurs communautés.

L'Évêque Unda a exprimé son espoir que l'Est du Congo soit un jour pacifié. "En tant qu'homme de Dieu, j'invite tout le monde à s'unir dans la prière pour l'Est du Congo".

Kituka Lolonga est communicateur pour la Conférence du Kivu.

Contact presse : Julie Dwyer, rédactrice en chef,newdesk@umnews.org ou 615-742-5469. Pour lire d'autres nouvelles de l'Église Méthodiste Unie, abonnez-vous gratuitement aux UM News Digests.

Dans tout l'Est du Congo, des paroles de réconfort sont échangées par le biais de messages WhatsApp qui contiennent des références bibliques et des rappels de la présence de Dieu dans les moments difficiles. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UM News.
Dans tout l'Est du Congo, des paroles de réconfort sont échangées par le biais de messages WhatsApp qui contiennent des références bibliques et des rappels de la présence de Dieu dans les moments difficiles. Photo par Philippe Kituka Lolonga, UM News.
L'Eglise
La pasteure Eunice Iliya (au centre) se joint à des centaines d’autres participants au rassemblement des responsables de l’Église Méthodiste Unie pour agiter leurs téléphones portables allumés au rythme de « This Little Light of Mine » (« Cette petite lumière qui est en moi »), à la fin du culte du matin du 23 octobre dans le sanctuaire de la Knox United Church à Calgary, au Canada, qui accueille cet événement mondial. Photo de Mike DuBose, UM News.

Des idées pour l'Église de demain commencent à prendre forme

Lors du « Rassemblement des Dirigeants », les Méthodistes Unis ont commencé à imaginer une Église qui, dans la plus pure tradition wesleyenne, allie un évangélisme passionné à un témoignage prophétique capable de contrer la montée mondiale de la tyrannie.
L'Eglise
Le révérend Christopher T. McAlilly prie pendant le culte du matin, le 22 octobre, lors du Rassemblement des dirigeants méthodistes unis à l’Église unie Knox de Calgary, au Canada. Les participants ont consacré leur deuxième journée complète à passer de la description des réalités auxquelles est confrontée l’Église méthodiste unie à une réflexion sur les pratiques qui pourraient l’aider à s’épanouir. Photo : Mike DuBose, UM News.

Le Rassemblement explore de nouvelles pratiques pour l’Église

Les participants au Rassemblement des dirigeants du Conseil des évêques ont consacré leur deuxième journée complète à passer de la description des réalités auxquelles est confrontée l’Église Méthodiste Unie à une réflexion sur les moyens de l’aider à s’épanouir.
L'Eglise
Ashlee Vitz (à gauche) et Teri Watanabe lèvent les bras en signe de louange lors du culte d’ouverture, le 21 octobre, à l’occasion du Rassemblement des responsables de l’Église Méthodiste Unie à la Knox United Church de Calgary, au Canada. Cet événement, qui se poursuit jusqu’au 24 octobre, rassemble des laïcs et des membres du clergé du monde entier afin d’imaginer un nouvel avenir pour l’Église Méthodiste Unie. Photo de Mike DuBose, UM News.

Un rassemblement pour imaginer l’Église de demain

Des responsables laïcs et du clergé venus de quatre continents se sont réunis au Canada et en ligne pour entamer un travail de prière, d’écoute et de réflexion en vue de l’Église Méthodiste Unie de demain. Mais ils ont d’abord dû se confronter aux réalités actuelles de la dénomination.

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